Depuis un an, le travail à distance est un enjeu stratégique pour toutes les entreprises. Selon la culture, la maturité ou l’ambition de celles-ci, plusieurs options sont possibles et les entreprises vont devoir choisir où positionner le curseur télétravail.

Dans cette série d’articles, nous vous présentons cinq scénarios pour aider les entreprises à se situer et engager leur transformation.

SCÉNARIO 4

LE TÉLÉTRAVAIL FIRST

Ce quatrième scénario nous fait passer dans le monde de l’entreprise distribuée.

Le télétravail devient la norme et le bureau est uniquement préservé et utilisé pour des sujets d’interactions et de collaboration.

Concrètement, les entreprises “imposent” le télétravail 4 à 5 jours par semaine. C’est ce qu’ à mis en place Dropbox par exemple avec son programme Virtual First ou ce que PSA a annoncé l’été dernier ou encore Germinal.

Intérêt de ce scénario ?

Plus d’homogénéité

L’intérêt de ce scénario, c’est que l’on enlève le côté hétérogène de l’hybride. La règle c’est le télétravail.

On précise bien pourquoi on se retrouve au bureau et donc il n’y a pas de disparités trop fortes  dans les usages. 

Le bureau devient un camp de base

Ce choix permet par ailleurs de garder des bureaux “camps de base”. Ceux-ci se limitent aux attentes principales des salariés dans le monde post-covid (interactions sociales et collaboration uniquement) quitte à compléter par des espaces de coworking pour les télétravailleurs qui ont besoin de bureaux de proximité de manière ponctuelle. 

Maîtrise de l’immobilier

Ce choix permet également d’avoir un impact bien plus grand et maîtrisé sur l’immobilier. 

Les économies sont extrêmement fortes. Un taux élevé de télétravail permettant de réduire de 60 à 70 % des m2.

Ces réductions massives de surfaces peuvent être envisagées avec à la clé une frugalité financière. Une partie des économies faites sur l’immobilier pourront être réinvesties dans une meilleure qualité de l’installation en télétravail avec des indemnités assez conséquentes pour les salariés travaillant depuis leur domicile.

Et pour les salariés qui ne peuvent pas faire de télétravail chez eux, l’entreprise peut donner accès à des espaces de coworking à proximité notamment grâce au Pass Coworking de Neo-nomade.

Pour les entreprises de grandes tailles, elles peuvent comme Bouygues, donner accès à des bureaux satellites situés dans les locaux de l’entreprise de manière flexible. 

Lire notre étude de cas avec la création de bureaux satellites pour Bouygues

Frugalité écologique

La frugalité immobilière va par ailleurs se doubler d’une frugalité écologique grâce notamment à la baisse des déplacements domicile-travail et à la limitation de l’impact lié à la construction immobilière). Etude Ademe – Greenworking – sept 2020)

Pourquoi ce scénario questionne-t-il autant en France ? 

Tout simplement parce que dans ce scénario on va “imposer” le télétravail. Contrairement aux pays anglo-saxons, en France il n’est pas classique (ni légal d’ailleurs) d’imposer le télétravail. On passe donc forcément par des négociations pour que les choses se fassent de manière plus progressive. 

De plus, imposer un télétravail à un rythme de 4 ou 5 jours par semaine ne va pas répondre aux attentes de tous. Quid des 50 à 60% de salariés qui sont sur une dynamique de télétravail max 3 jours par semaine et qui ne vont pas forcément adhérer ? 

Comme dans certains projets de sociocratie ou d’entreprise libérée, il est fort probable qu’une partie des employés ne suivent pas sur le long terme.

C’est un véritable choix d’entreprise de partir sur ce scénario.

Les start-up et certaines TPE le font plus facilement, car elles sont plus flexibles et nomades dès le départ. Pour des entreprises comme PSA, on se doute que la négociation est plus ardue avec des problématiques de droit social, de négociations et potentiellement de départs non négligeables.

 


POUR RÉSUMER :

↑ Uniformité dans les usages

↑  Potentiel élevé d’économies immobilières

↑  Adhésion du collectif difficile

↓ Risques RH / change

Δ La mise en place va être plus ou moins complexe selon le climat social de l’entreprise 

 


 

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